Archive for the ‘Psychologie’ Category

Forum sur l’adolescence

Tuesday, May 8th, 2007

La Fondation Wyeth pour la santé de l’enfant et de l’adolescent a organisé en mars dernier son 3ème forum adolescences sur le thème ” Santé, école, société”.

Pour la première fois, les adolescents y ont pris la parole : sur le plateau, dans la salle, mais aussi dans les préparations puisqu’ils ont participé au choix des thèmes. Ce sont eux aussi qui ont posé des questions aux spécialistes présents au forum.

Ce qu’il en ressort, c’est que les adolescents attendent des adultes qu’ils soient fermes et bienveillants… et que les adultes devraient être moins anxieux et faire davantage confiance aux adolescents.

Si vous voulez retrouver ces débats, vous pouvez revoir la journée en vidéo sur le site de la Fondation, ou bien récupérer l’ensemble des thèmes abordés.

Un jeu pour les adolescents à la disposition des professionnels

Monday, May 7th, 2007

Deux psychiatres, Nicole Catherine et Daniel Marcelli (chef de service à l’hôpital Henri Laborit de Poitiers) se sont associés avec un concepteur de jeu pour mettre au point un jeu destiné à aider les adolescents à construire leur pensée personnelle.

Comme expliqué dans L’Ecole des parents d’avril-mai 2007, ce jeu est destiné aux professionnels (soignants, pédagogues, animateurs) en charge d’adolescents. Des soignants travaillant avec des adolescents vulnérables ont fait le constat que les adolescents avaient parfois des difficultés à se faire une pensée propre, au moment où ils doivent se séparer de leurs parents. Ils ont alors tendance à manifester leur différence par l’action.

Ce jeu va se dérouler en présence d’un adulte qui observe mais ne joue pas. C’est un jeu de plateau qui se joue à 4 joueurs, chacun devant répondre à une question touchant à des stéréotypes ou des représentations, et ceci en deux minutes. Une fois le point de vue du joueur exprimé, les autres participants au jeu peuvent exprimer leur accord ou leur désaccord.

Ce jeu va donc faciliter l’expression d’un avis et la confrontation à la pensée d’un autre.

Ce jeu peut être commandé par les professionnels auprès du site www.valoremis.fr .

Les amours adolescentes

Friday, April 27th, 2007

Un article paru dans le journal Le Monde le 17 avril dernier peut donner de précieux conseils aux parents, parfois un peu perdus devant les premières amours de leurs adolescents.

Il semble qu’il ne faut pas que les parents s’immiscent trop dans les relations de leur enfant… D’après la psychoclinicienne Béatrice Copper-Royer, il faut permettre à l’adolescent de s’investir dans la relation amoureuse, et pour cela, il ne faut pas que les parents soient trop présents.

C’est parfois difficile, car les parents peuvent, à juste titre, éprouver jalousie et rivalité. Mais il faut que les parents sachent entourer leur enfant de leur amour, tout en le respectant. D’après Alain Braconnier, psychiatre et psychanalyste, il faut que les parents évitent toute attitude ambigüe qui rendrait plus difficile pour les adolescents leur nouveau positionnement. Eviter des gestes de tendresse devenus déplacés pouvant choquer une adolescente est un exemple cité.

Il faut aussi que les parents restent à leur place de parents, et n’envahissent pas la place des amis. Les adolescents ont besoin des deux, ils n’ont pas besoin de parents-copains. Car c’est aussi aux parents de continuer à protéger leur enfant et de s’assurer de la sécurité de leur enfant.

Il n’y a pas vraiment de réponse toute faite quant à la question classique de laisser dormir un flirt sous son toit… c’est surtout aux parents de savoir ce qu’ils veulent réellement, d’être à l’aise, et de ne pas réagir en prenant systématiquement le contrepied de l’éducation qu’ils ont eux-mêmes reçue.

Enfin, il faut éviter de banaliser les chagrins d’amour… aux yeux des adolescents, ils sont très importants.

Pour en savoir plus :

Béatrice Copper-Royer : Premiers émois, premières amours (Albin Michel)

Alain Braconnier : Les filles et les pères (Odile Jacob)

Comment cohabiter avec son ado…

Thursday, April 26th, 2007

Dans le numéro 464 de Famille et Education, un article de Noémi Constans nous donne quelques conseils bien utiles pour cohabiter au mieux avec son ado…

1. Ne pas s’énerver quand il ment.

Mentir signale un état de dépendance… si on ment, c’est que l’on ne se sent pas suffisamment autonome pour annoncer clairement les choses. Il faut donc inciter l’adolescent à se comporter en adulte… c’est à dire à expliquer les raisons de son mensonge : peur d’une punition en cas de mauvaise note par exemple.

2. Ne pas réagir systématiquement à ses sarcasmes et à ses critiques.

Il faut avant tout éviter d’envenimer la situation. Les critiques et les sarcasmes représentent une intention, consciente ou inconsciente, de pousser le parent dans ses retranchements. Il faut donc savoir laisser glisser, ou reprendre plus tard, au calme.

3. Il faut gérer les sorties.

On peut autoriser les sorties, tout en mettant des limites horaires et en demandant des informations sur les personnes avec qui il sort. Le parent peut aussi s’organiser avec d’autres parents pour aller chercher ces adolescents.

4. Surveiller son sommeil et son alimentation.

L’adolescent grandit encore, il est important qu’il s’alimente et qu’il se repose correctement. Veiller à ce que les goûters ne soient pas complètement déséquilibrés, remplir les placards de produits équilibrés. Le laisser faire des grasses matinées le week-end, mais veiller à ce qu’il ait 9 heures de sommeil par nuit.

Les oreilles de nos adolescents

Monday, April 23rd, 2007

Discothèques, concerts de rock, baladeurs… les oreilles de nos adolescents sont soumises à rude épreuve ! Une enquête menée en mars 2003 démontre que 37% des 15-19 ans ont au moins un risque fréquent de troubles de l’audition dans leur vie quotidienne.

L’oreille est composée de trois parties : l’oreille externe, qui guide le son jusqu’au tympan, l’oreille moyenne, qui transmet les vibrations du tympan à l’oreille interne… et l’oreille interne qui comprend le vestibule, responsable de notre équilibre, et la cochlée, composée de 15 000 cellules.

Ces cellules sensorielles, même nombreuses, le sont moins que celles qui servent à la vue ou à l’odorat… mais surtout, elles ne se renouvellent pas… Or, quand elle sont soumises à des bruits trop forts, elles sont irrémédiablement détruites.

Même si des lois règlementent le bruit, les normes sont un peu au-dessus des limites, et peuvent parfois être dépassées. Ainsi, le volume sonore des boîtes de nuit est limité à 105 dB, mais des troubles peuvent apparaître à partir de 95 dB. Les baladeurs, même bridés, peuvent être débridés… Les casques, près des oreilles, aggravent ce phénomène.

Il faut donc sensibiliser nos ados à cette pollution sonore et au risque que cela représente pour leur audition future. Ne pas se positionner trop près des enceintes des discothèques ou des lieux de concert, s’installer de temps en temps dans des coins plus tranquilles, ne pas écouter son baladeur trop longtemps… En France, une journée nationale de l’audition est maintenant organisée. Pour en savoir plus sur cette journée :www.audition-infos.org

Pour obtenir des documents pédagogiques expliquant les ravages du bruit : www.audition-prevention.org.

La relaxation au service de la concentration

Tuesday, April 10th, 2007

Suite de notre dossier sur la concentration des élèves.

Pour beaucoup d’enseignants, la relaxation des élèves est très importante car plus il est tendu, plus un enfant a du mal à se concentrer ! Certains praticiens et thérapeutes se sont d’ailleurs regroupés sur un site Internet d’échanges intitulé Ecole et relaxation.

Il faut apprendre aux élèves à se relaxer, à passer d’un état nerveux à un état détendu qui leur permettra d’apprendre beaucoup plus facilement. Ainsi, la respiration et la posture peuvent jouer un rôle dans la décontraction de l’élève.

Ainsi, un enseignant du sud de la France pratique ces méthodes depuis plusieurs années et en semble tout à fait satisfait. Il explique que quand un élève bute sur une difficulté, il lui conseille de respirer profondément deux minutes. Cela va apaiser l’élève et libérer en lui un espace dans lequel l’apprentissage va trouver sa place.

A ne peut-être pas négliger pour certains enfants soumis à beaucoup de pressions.

Elèves déconcentrés : les profs ont des solutions !

Monday, April 9th, 2007

Toujours dans le même dossier du Monde de l’Education, des professeurs expliquent comment des méthodes peuvent aider les élèves à se concentrer !

Nous l’avons vu dans un article précédent que pour apprendre, pour s’approprier la connaissance, il faut être attentif et en situation volontaire d’apprendre.
Il faut donc que les enseignants suscitent et gèrent cette attention.

Les enseignants du primaire, qui bénéficient de la journée entière avec leurs élèves, intègrent cette donnée dans leur emploi du temps en mettant les activités demandant le plus d’attention en début de matinée.

D’après ce dossier du Monde de l’Education, il faut d’abord que les élèves aient confiance en leurs enseignants, sachent qu’ils vont recevoir un cours de qualité… Cela mobilise leur attention. Le début du cours, la manière dont les élèves s’assoient, s’installent dans la salle de cours, compte aussi beaucoup.

Certains enseignants s’appuient sur les rituels, qui d’après les pédagogues Freinet ou Montessori, permettent une meilleure concentration. Les rituels sont là pour capter l’attention… On entend par rituels le « bonjour », l’appel, la distribution des livres… Cela permet aux élèves qui perdent le fil de se repérer et de se raccrocher au cours.

Enfin, un autre point très important en pédagogie est de se situer à la limite de la connaissance de l’enfant : pas trop facile pour qu’il ne s’ennuie pas… pas trop difficile pour qu’il ne se désespère pas.
Sans oublier les astuces techniques : petite phrase qui raccroche au cours précédent, activités courtes pour ne pas complètement «larguer » les élèves.

Apprentissage et concentration

Monday, April 2nd, 2007

Un dossier paru dans Le Monde de l’Education de janvier 2007 traite de l’apprentissage et de la concentration.

Parlons tout d’abord de la nécessité de la concentration dans l’apprentissage.

Certaines méthodes d’apprentissage vantent la possibilité d’apprendre sans difficultés, sans s’impliquer… sans efforts… Mais peut-on parler d’apprentissage dans ces conditions ?

L’inspecteur général de langues vivantes François Monanteuil explique en particulier que dans l’apprentissage des langues vivantes, l’imitation seule ne suffit pas. Pour pouvoir s’exprimer dans une langue, il faut s’en être imprégné, il faut être entré dans sa structure… et pour cela, il faut à un moment avoir fait des efforts de vigilance et de mémorisation.

Des chercheurs en cognition expliquent que pour apprendre, un élève doit démonter la vision qu’il a du monde, ce qu’il a construit avec un niveau de connaissances… pour le construire de nouveau avec des connaissances supplémentaires… soit des briques et des étages supplémentaires.

Et pour cela, il faut se concentrer. Le psychologue Didier Pleux, spécialiste des thérapies cognitivo-comportementales, explique : “il faut être conscient qu’apprendre ne procure pas un plaisir immédiat. L’apprentissage passe par une phase de véritable déplaisir, suivie d’une accommodation”.

L’apprentissage se ferait donc par une attention volontaire, dont la capacité croît au cours de l’enfance, jusqu’à atteindre son maximum aux alentours de 15 ans. Les apprentissages scolaires permettent de le développer… ou autrement dit ” C’est en apprenant qu’on apprend à apprendre”.

Pour en savoir plus : ” Peut mieux faire”, de Didier Pleux, aux Editions Odile Jacob (En analysant d’abord d’où vient la démotivation, l’auteur, directeur de l’Institut français de thérapie cognitive, veut aider les parents à redonner confiance à leurs enfants, pour que l’école redevienne un plaisir).

“Attention et réussite scolaire”, de Christophe Boujon, Christophe Quaireau et Alain Lieury, aux éditions Dunod (À l’école, certains enfants sont-ils distraits et agités à cause d’un manque de motivation ou d’un déficit de leur attention ? Ou bien encore est-ce le résultat d’une mauvaise adéquation entre les rythmes biologiques et les rythmes scolaires ? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions pédagogiques fondamentales en présentant de façon claire et synthétique les études les plus marquantes sur l’attention, réalisées en psychologie cognitive et en psychologie expérimentale.)

L’échec scolaire a souvent des origines médicales.

Thursday, March 29th, 2007

Un article paru dans Le Figaro l’été dernier nous interpelait sur les origines médicales de l’échec scolaire. Attention donc à ne pas étiqueter ou cataloguer trop rapidement les échecs de nos enfants. Sans tomber toutefois dans l’hypocondrie, il faut rester vigilant.

Le Dr Olivier Revol, pédopsychiatre, auteur du libre “Même pas grave ! L’échec scolaire, ça se soigne”, est convaincu que le carnet scolaire est lié au carnet de santé. Les élèves ne sont pas paresseux, ou non motivés. Ils ont des raisons qui les poussent à moins travailler.

Il peut s’agir aussi bien de difficultés de la vue ou de l’audition, que de troubles neuropsychologiques comme de la dyspraxie (troubles du développement moteur), dysphasie (troubles du langage), dysorthographie ou dyscalculie. La dépression, même rare (1% chez les enfants et 5% chez les adolescents) peut aussi être source d’échec scolaire.

En France, les centres de traitement de troubles de l’apprentissage sont une quarantaine… et croulent sous les demandes. Dommage, car il est important d’intervenir le plus tôt possible, pour éviter que les troubles ne s’installent. Dans ces centres, des bilans globaux sont effectués, aboutissant à une procédure de rééducation pour les enfants, et des aménagements pédagogiques transmis aux enseignants. Mais l’écoute en elle-même permet déjà, pour les parents comme pour les enfants, de se sentir mieux.

Les adolescents sont “multitâches”… oui mais…

Tuesday, March 20th, 2007

Un article récemment paru dans le Washington Post traite de la capacité des adolescents à effectuer plusieurs tâches simultanément : “chatter” en messagerie, mettre des commentaires sur le blog d’un ami, tout en faisant leurs devoirs et en parlant au téléphone avec un copain. Les adolescents qui parviennent à ce genre d’exploits disent se sentir plus efficaces et moins stressés.

Mais les scientifiques ne sont pas sûrs des effets à long terme de ce type de comportement. Certains craignent que cela engendre une attitude de “butineur” qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur la concentration des jeunes et sur le développement de leurs capacités analytiques. Ceci peut être particulièrement inquiétant pour les adolescents dont une partie du cerveau est encore en développement, explique Jordan Grafman, responsable du département de sciences neurologiques cognitives au National Institute of Neurological Disorders and Stroke.

Selon lui, introduire la gestion de plusieurs tâches simultanément peut être mauvais chez les jeunes enfants. L’un des plus gros problèmes du “Multitasking” est que cela rend impossible le développement de connaissances profondes sur aucun sujet que ce soit. Et si l’enfant s’habitue à ce niveau superficiel, il s’en satisfera rapidement.

Quelles que soient les conséquences de ce “multitasking”, elles vont être répandues car une étude récente de la Kaiser Family Foundation a établi que parmi les étudiants assis devant leur ordinateur, 65% faisaient autre chose en même temps qu’ils étudiaient. Les filles sont plus “multitâches” que les garçons.

L’actuelle génération d’adolescents est encline à faire plusieurs choses à la fois; car non seulement les gadgets actuels les y autorisent, mais en plus, ils pensent que c’est “cool” d’agir ainsi, beaucoup moins ennuyeux que ce que faisaient les générations précédentes… et surtout sans impact sur leur efficacité, explique David Meyer, directeur du Brain, Cognition and Action Laboratory à l’Université du Michigan. Mais Meyer a des doutes : les enfants qui grandissent dans ces conditions vont peut–être développer des capacités à agir efficacement dans des environnements où on leur demandera de faire plusieurs choses, mais cela ne veut pas dire qu’ils seront plus efficaces que s’ils faisaient une chose à la fois.

Une étude menée par Russell Poldrack à UCLA a prouvé que les zones du cerveau mobilisées n’étaient pas les mêmes quand une personne effectuait plusieurs tâches à la fois ou quand elle n’en exécutait qu’une. Le cerveau étant encore en développement au moment de l’adolescence, les zones utilisées lors d’une activité unique pourraient ne pas se développer correctement. D’où éventuellement des limites pour ces jeunes quand il s’agira d’étudier profondément un sujet.

Encore une fois, tout est donc question d’équilibre.