Archive for the ‘Bilinguisme et francophonie’ Category

Un blog ?

Tuesday, May 1st, 2007

D’où vient le mot “blog” ?

L’origine du mot “blog” est la contraction de “web”… et de “log”.
Mais pourquoi “log” ?

Les “log” sont des rondins de bois que les marins, autrefois, jetaient à l’eau pour estimer la vitesse de leur navire. Le système s’est ensuite perfectionné, les rondins de bois ont été encordés les uns aux autres… permettant de mesurer plus précisément la vitesse du bateau.

Le mot prend alors son sens figuré et désigne le carnet de bord des marins. Avec l’invention de nouveaux modes de transports, le log s’envole… et rejoint les cabines de pilotage. Ecrire son log, c’est raconter au jour le jour ce qui se passe sur le navire.

Ecrire son Blog, c’est écrire ce qui se passe au jour le jour sur son espace web. En juin 2005, le Ministère de l’Education Nationale a bien essayé de lui donner sa traduction officielle : le “bloc-notes” ou “bloc”… mais le blog est déjà rentré dans nos habitudes… au même titre que le “courriel” a du mal à remplacer le “mail”.

Si vous aimez jouer avec les mots… ou en apprendre davantage sur eux, un article du Monde du 3 avril dernier vous conseille “Le garde-mots“. Bonne promenade !

TV5 et la langue française : de quoi apprendre en s’amusant !

Monday, April 30th, 2007

Non seulement TV5 diffuse des émissions en langue française à travers le monde, mais maintenant, son site développe des outils permettant de s’amuser et d’apprendre encore plus profondément cette magnifique langue.

Voici quelques outils que vous pouvez trouver sur le site :

Le dictionnaire multifonctions de TV5: non seulement, il donne les définitions des mots que vous recherchez, mais également leurs synonymes et les conjugaisons des verbes.

Il joue aussi le rôle de traducteur : français/anglais… anglais/français.

Lettris, le tétris de lettres : vous connaissez ce petit jeu de briques qui descendent et qu’il faut emboîter… et bien Lettris, c’est la même chose, avec des lettres. Avec ces lettres, vous devez former des mots… pas facile, essayez !

Pour vous qui aimez la langue française : les quizz Langue française : 180 questions pour tester vos connaissances sur la littérature française. Passionnant !

Enfin, le site de TV5 vous renvoie aussi sur le jeu de connaissances ” Questions pour un Champion “.

Allez-y, vous ne le regretterez pas !

Nos amis québécois

Tuesday, March 27th, 2007

Radio Canada vient de donner les résultats d’un concours d’expressions locales québécoises… de vrais bijoux :

1. Il tombe des peaux de lièvres: utilisée quand la neige tombe en énormes flocons ressemblant à la fourrure blanche des lièvres en hiver.

2. Vends ta vache et arrive en ville : une autre façon de dire “atterris !”, quand on réagit à quelque chose qu’on devrait savoir.

3. Il a fait un p’tit bout sur le poil des yeux : il a trébuché.

4. Il est temps d’aoindre les hardes d’été : il est temps de sortir les vêtements d’été.

A l’heure où le nombre de francophones augmente…

Friday, March 23rd, 2007

… le français se bat pour garder sa place.

Un article paru dans Le Monde du 20 mars aborde ce sujet de la francophonie.

A l’occasion de la semaine de la langue française et de la Journée Internationale de la Francophonie, des bilans ont de nouveau été tirés sur le nombre de francophones dans le monde… et la place du français.

L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a recensé 175 millions de personnes francophones, soit une population en augmentation. Cette croissance traduit la majoration de la population, notamment en Afrique, mais pas réellement une extension de la pratique de la langue française. Le français baisse dans les pays européens et chute au Vietnam et au Cambodge.

La France tente de réagir, notamment en soutenant en octobre dernier à l’Unesco la résolution sur la diversité culturelle, ou en plaidant en faveur du bilinguisme en Afrique.

Mais le français est aujourd’hui malmené dans les institutions internationales. Même s’il reste langue officielle dans nombre de ces institutions, seulement un tiers des pays francophones au sein de l’ONU utilise le français. Les coûts de traduction en français sont malheureusement supérieurs au coût d’utilisation de la langue française.

Afin de défendre le français, des programmes de formation sont mis en place par l’OIF, comme par exemple pour les fonctionnaires européens en provenance des nouveaux Etats membres.

Il faudrait pour maintenir le français, que son enseignement soit répandu dès le plus jeune âge.

Le nombre de personnes apprenant le ou en français a augmenté dans les douze dernières années : 75 millions en 1994, 96 millions en 2002. Mais l’arabisation au Moyen-Orient joue en défaveur du français, l’arabe et l’anglais étant favorisés.

Et c’est surtout en Europe que le français perd du terrain : quand les systèmes scolaires n’imposent qu’une seule langue, le français disparaît.

Alors pour tous ceux dont le français est langue familiale, pour tous les francophiles, il importe de maintenir le français !

Un nom prédestiné pour un Français plus connu à NY qu’à Paris !

Monday, November 27th, 2006

Benjamin Millepied, quel merveilleux nom pour un danseur !
Originaire de Bordeaux où il est né en 1977, formé par sa mère, professeur de danse contemporaine, Benjamin Millepied était dès les prémices de l’adolescence fascine par le rapport à la musique des chorégraphes américains Jerome Robbins et George Balanchine.
Débarqué à 16 ans à New York, il fut sacré danseur étoile au New York City Ballet en 2002. Il y interprète les rôles principaux des ballets de George Balanchine et Jerome Robbins qui le fascinaient tant quelques années auparavant.
Chorégraphe, il vient de mettre en scène Mikhaïl Baryshnikov dans un solo, “Years Later”.

C’est comme chorégraphe qu’il revient à Paris. Les Américains l’ont récemment suivi à travers l’Atlantique pour venir le voir danser au Palais Garnier le 9 novembre dernier pour Amoveo, sa création sur une musique de Philip Glass.
Depuis la mort de l’auteur de West Side Story, avec l’accord de la fondation Jerome Robbins, Benjamin Millepied peut diffuser le répertoire de Jerome Robbins…
Lui-même explique sa souplesse particulière par un passé africain : enfant, il a passé cinq ans à Dakar et sa mère lui a fait prendre tous les cours de danse africaine possibles.
Ses rêves restent néanmoins très classiques : monter La Belle au Bois dormant et Le Lac des cygnes.

Ces expressions qui nous font voyager…

Monday, November 13th, 2006

La langue française est parfois très imagée….en voici une illustration à travers ces expressions qui nous font voyager :

- la file indienne : cette formule, employée couramment pour désigner une queue, remonte au milieu du XIX siècle.
- des ruses de sioux : les Sioux étaient-ils particulièrement astucieux ?
- filer à l’anglaise : cette formule péjorative, née au XX siècle, répond au dicton britannique : to take a french leave.
- l’armée mexicaine : lors de la révolution mexicaine en 1910, des armées furent très vite levées. On n’eut d’autre choix que de nommer de nombreux généraux inexpérimentés. Du coup, une « armée mexicaine », aujourd’hui, c’est un groupe où il y a trop de dirigeants et pas assez de troupes.
- le téléphone arabe : la formule, née au XX siècle, suggérait que dans les régions arabes, où le téléphone était rare, il fallait se débrouiller par le bouche à oreille.
- la douche écossaise : à la fin du XIX siècle, des médecins ont mis au point un traitement. Il consistait à projeter sur les patients un jet d’eau très chaude, puis très froide, puis très chaude, etc…En songeant au ciel britannique, ils l’ont baptisé « la douche écossaise ».
- l’oncle d’Amérique : cette expression a sans doute été inventée en pensant aux émigrés européens qui ont fait fortune dans le Nouveau Monde.

Pour en savoir plus sur d’autres expressions : www.expressio.fr

Le DELF et le DALF

Tuesday, October 10th, 2006

Le DELF et le DALF sont deux diplômes de compétence en français, qui permettent aux étudiants en provenance d’un système scolaire étranger, de pouvoir postuler pour le système éducatif supérieur français.
Ces deux diplômes sont en quelque sorte l’équivalent français du TOEFL. Mais autant le TOEFL consiste en un seul examen de 2 à 4 heures, autant le DELF et le DALF sont une succession d’unités, d’examens, qui doivent être obtenus les uns après les autres. Il n’y a donc pas de note, c’est le fait d’avoir le certificat à un niveau qui est valable. De plus, ce certificat reste acquis à vie.
Voici la liste des unités :

DELF 1
Oral de base
Oral : Idées et sentiments
Lecture et écriture de base
Construction de la langue
DELF 2
Civilisation française et francophone

Oral : vocabulaire spécialisé (au choix du candidat : sciences, maths, histoire, etc..)

DALF

Lecture et écriture de base
Compréhension orale
Lecture et écriture : spécialisé
Ecoute et oral : spécialisé.

Pour en savoir plus sur le DELF/DALF (description des examens de chaque unité, tests d’entraînements, centres d’examens) : le site officiel du DELF/DALF

Nouveau livre sur le bilinguisme

Monday, August 28th, 2006

Même si la plupart de nos lecteurs évoluent dans des familles où les enfants parlent deux langues dès le plus jeune âge, il nous a paru intéressant de vous signaler la parution de l’ouvrage suivant :
L’apprentissage précoce d’une langue étrangère, le point de vue de la psycholinguistique, de Daniel Gaonac’h, Paris, Hachette, 2006, 159 pages.

D’après l’éditeur, les points forts de ce livre sont :
- seul ouvrage en français abordant l’enseignement des langues à l’école élémentaire du point de vue de la psycholinguistique
- apport théorique, pour les professeurs des écoles, sur les processus d’acquisition des langues étrangères par les jeunes enfants
- critique d’autres ouvrages qui présentent une version trop simpliste, notamment parce qu’ils confondent bilinguisme et enseignement scolaire des langues étrangères.

Au sommaire de cet ouvrage :
1. Pourquoi apprendre “précocément” une langue étrangère ?
2. L’acquisition du langage chez les jeunes enfants
3. La supériorité des apprentissages précoces : les données.
4. Les stratégies d’apprentissage chez l’enfant et chez l’adulte
5. Est-il efficace s’apprendre une seconde langue étrangère précocément ?
6. Les choix méthodologiques dans l’enseignement précoce des langues.

Bilinguisme et Culture, fin.

Sunday, August 27th, 2006

4.Et plus tard..

J’avais une amie qui m’avait demandé de l’aider en anglais : elle était microbiologiste et avait l’intention d’aller aux États-Unis pour y travailler. Comme beaucoup de Français, elle avait fait des années d’études d’anglais, mais elle était incapable de parler ou d’écrire d’une façon satisfaisante. Donc on a organisé un échange. Elle m’a expliqué qu’il y avait des choses pires que d’être un Américain ; ça me faisait rire. Elle me racontait une histoire ou lisait quelque chose et je prenais des notes pendant 15 minutes. Quand elle avait terminé, on revenait sur ce qui avait été dit. Je repérais ses problèmes, on répétait, je donnais des explications, elle recommençait l’histoire. C’était très productif. On pratiquait le téléphone, les présentations, un peu d’illustration des nuances, des attitudes. Par exemple quand on demande « How do you like New York ? » on ne dit pas, « It’s very nice » : pour un Américain, ça veut dire que vous avez des réserves. Or elle avait de vrais problèmes pour dire « It’s fascinating » ou « I love it here » (elle disait « Ce n’est pas moi »), donc on a beaucoup pratiqué les intensifs. Je disais « How do you feel ? », et enfin elle arrivait à répondre « I feel great », suivi d’un grand sourire à l’américaine ! Au rendez-vous suivant, elle faisait la même chose avec moi en français. Je racontais une histoire ou je disais ce que je pensais sur un sujet, elle prenait des notes. Elle me faisait pratiquer les locutions ou les prononciations les plus problématiques. Après j’essayais à nouveau et je faisais des progrès rapides : j’avais besoin d’attention individualisée. Malheureusement pour moi, elle a très vite trouvé un travail, et elle est partie. Elle m’a vraiment aidé à passer une crise difficile : on avait tous les deux un bon niveau, mais on avait besoin de dépasser certains problèmes.
En effet, quelque temps après mon arrivée en France, il est arrivé un moment où je me suis aperçu de plus en plus que beaucoup de mes difficultés de communication et d’intégration en France ne venaient pas du langage, mais des différences culturelles, des différences de langage corporel, d’attitude. Développer son répertoire de gestes, un nouveau système de classement des situations, connaître les attentes, les réactions normales des Français, c’est peut-être encore plus compliqué qu’apprendre à utiliser le subjonctif ou connaître les partitifs ! C’est à la fois facile et difficile de catégoriser un peuple, de dire « ils sont comme ça ou comme ça », et ce n’est pas mon intention de critiquer ou de juger les Français, ni de les définir. Simplement je proposerai mes perceptions par rapport à ce que je suis, les différences importantes qu’il m’a fallu comprendre, et aussi une réflexion sur la façon dont ces perceptions changeaient au fur et à mesure que je devenais de plus en plus francisé. Je me suis rendu compte de tout cela au début, mais je n’étais pas conscient de tout ce que j’avais besoin d’apprendre avant d’être accepté autrement qu’en tant qu’étranger ; du moins, tout ce qu’il me fallait apprendre pour gagner la confiance des Français, qui s’attendent à ces problèmes dès qu’ils ont affaire à un étranger.
Le Français, par exemple, a un sens des choses qui lui appartiennent, de sa liberté personnelle très différente de celle des étrangers. Souvent il tombe sur un étranger qui viole les règles, qui donne de « mauvais » signaux. Et là tout commence à se dégrader. Toute l’éducation et la politesse ne valent rien face à quelqu’un qui ne connaît pas les règles : le Français perd ses repères. Parfois il réagit avec beaucoup de patience et de compréhension. Quand sa patience est épuisée, il a tendance à culpabiliser l’autre qui l’a mis en difficulté.
Aujourd’hui le contexte culturel français est devenu très naturel pour moi : je trouve déstabilisants les étrangers qui me regardent trop fixement, qui parlent trop fort, qui ne ferment pas leur porte, les gens qui me racontent leur vie personnelle sans que je les connaisse. Je retourne souvent à Porto-Rico et il faut que je m’adapte rapidement, sinon je me sens violé par le regard des gens et je suis ennuyé quand ils posent trop de questions. Je me méfie des gens qui m’invitent trop vite chez eux ou me saluent trop intimement quand je les connais très peu. Je suis trop réservé, trop poli, mais personne ne le note ; je parle doucement et ils pensent que j’ai peur de parler. Aussi je ne suis plus compris dans un autre pays si je ne change pas immédiatement mon comportement quand j’arrive. Le fait de comprendre les différences et de les associer à un contexte géographique stable a pu m’aider en France, mais me donne aussi la capacité de me réintégrer dans mon propre pays.

Bilinguisme et Culture, 3ème partie

Saturday, August 26th, 2006

3.L’importance de la culture

Mis à part pour les plaisanteries, on utilisait une langue ou une autre pour nous évader des contraintes normales de chacune : devant ma mère je pouvais utiliser des gros mots en espagnol sans problème, elle ne réagissait pas. Avec les anglophones, j’ai appris à inventer des justifications élaborées, des arguments dits « rationnels », à les amener à prendre une décision ; avec les hispanophones, je faisais appel aux sentiments, je baissais les yeux. C’était d’un grand cynisme, ou est-ce que je comprenais déjà qu’à chaque langue s’appliquaient une culture, une psychologie différentes ? On se sentait un peu supérieurs, ce qui est très important pour des adolescents, en donnant des connotations nouvelles et très branchées à tout. Mais nous étions incapables de nous exprimer en ‘bon’ anglais ou en ‘bon’ espagnol.