Les ados et leur corps
Dans le journal Le Monde de la semaine dernière, eLycée a relevé une interview d’Alain Braconnier, psychiatre et psychanalyste, chef du service de consultation pour adolescents du centre Philippe Paumelle (dans le 13ème arrondissement de Paris), qui est spécialiste des relations entre parents et jeunes. Dans cette interview, il analyse l’évolution des rapports entre les adolescents et leur corps.
Selon Alain Charbonnier, à l’adolescence, le corps est porteur de promesses : promesse de grandir, de devenir un homme ou une femme, d’avoir une vie relationnelle et sexuelle. Ces changements sont autant attendus que craints. L’adolescent a peur que son corps ne soit pas à la hauteur de ce qu’il attend.
Le corps est à la fois la représentation de désirs, de craintes, mais aussi de contraintes, car il oblige à se confronter à une réalité pas forcément agréable. L’adolescent, qui se compare plus qu’à toute autre période à l’image des autres, peut se trouver trop grand, trop petit, pas assez fort… Il ou elle doit subir des désagréments comme les règles, la transpiration. Ces contraintes suscitent désir mais aussi angoisse.
Dans cette période de changements, l’adolescent a tendance à se comparer aux autres… et inévitablement à se trouver moins bien sur certains points : taille, poids, force, poitrine, etc… Les désagréments liés à la puberté déstabilisent aussi l’adolescent.
Ces frustrations engendrent de l’agressivité, soit tournée vers eux-mêmes (c’est le cas des épisodes de scarification), soit vers les autres. C’est alors le rôle des parents et des éducateurs de ne pas répondre à cette agressivité par une autre agressivité, mais d’aider le jeune à s’exprimer. Soit il s’exprimera directement, ce qui est plus souvent le cas des filles, soit il le fera indirectement, éventuellement par un processus d’identification à une vedette sportive ou musicale.
Au même moment sort un ouvrage de Dinah Vernant, médecin à l’Hôtel-Dieu de Paris où elle a créé un service de consultations pour adolescents en rupture : “L’âge violent”.
Dans ce livre, à travers de nombreux témoignages, Dinah Vernant, médecin, dénonce ce qu’elle considère comme les failles et les aberrations de tout un système médical, socio-éducatif et judiciaire qui, plutôt que d’aider à se construire, détruit. Elle tente d’expliquer comment réconcilier l’âme et le corps, alors que les adolescents se préoccupent avant tout de leur physique et que leurs parents ne s’en remettent plus qu’aux psys ?
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